Il existe parfois des livres que l'on lit une fois, et par hasard, et qui marquent toute une vie. J'étais en seconde
quand j'ai pris ce livre, qui appartenait à mon père, dans la bibliothèque familiale. Sans grande conviction, je l'ai ouvert et dès les premières pages, j'ai été captivé. J'en
suis la première surprise.
Le Vieil Homme et la Mer, c'est une histoire d'amitié entre un vieux et un jeune adolescent, c'est une histoire de dignité, de courage, de force mentale, de respect et qui montre que
tout ne tient qu'à un fil [de pêche] et que l'on peut tout perdre à tout moment.
Il y a Santiago, le vieil homme, qui depuis 84 jours n'a rien pris en mer mais qui continue coûte que coûte à prendre le large chaque jour. Il y a Manolin,
le jeune garçon qui continue à croire au vieil homme malgré les dires des villageois et de ses parents qui le font embarquer à bord d'un autre bateau. Et il y a cette volonté de fer, ce
dépassement de soi-même quand le vieil homme passe 3 jours et 2 nuits au large, à mener un combat avec un énorme espadon. Un combat loyal, amical. Le pêcheur respecte son adversaire, et
réciproquement. Mieux, il lui parle, malgré l'épuisement dû au manque d'eau, de nourriture et à l'état de ses membres, usés, à vif. Impossible de décrocher de ce court roman qui se lit d'une
traite. On est là, à côté du vieil homme, dans la vieille embarcation, et on attend sa victoire. On est ému quand il l'emporte enfin. On est révolté quand il se fait attaquer par la suite, mais
on admire son courage, et surtout son combat, au nom de son poisson, qui est bien plus qu'un trophée. Une véritable leçon d'honneur. On est aussi fier que Santiago. On s'attache
à ce vieil homme aux apparences un peu bourrues.
Ce livre a marqué la jeune adolescente que j'étais, loin de m'imaginer qu'un roman sur la mer pouvait m'intéresser. En effet, il ne m'a pas seulement intéressée, il m'a
passionnée.
"Tout en lui était
vieux, sauf son regard, qui était gai et brave, et qui avait la couleur de la mer. "
"Tu veux ma mort, poisson, pensa le vieux. C'est ton droit. Camarade, j'ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi.
Ça m'est égal lequel de nous deux tue l'autre. Qu'est-ce que je raconte ? pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un
homme. Ou comme un poisson."
© Muse-litteraire